Le castor en Wallonie

Jadis, le castor était bien présent

Le castor européen (Castor fiber) faisait historiquement partie de la faune indigène de Belgique. En témoignent les nombreux toponymes que l’on peut trouver sur notre territoire (Bièvre, Biévenne, …). Il a disparu de notre pays au 19e siècle, exploité pour sa viande – considérée comme du poisson et donc consommable le vendredi – et pour la sécrétion qu'il utilise pour marquer son territoire et imperméabiliser son pelage, le castoréum, qui était employé en parfumerie ainsi qu'en médecine car il contient de l'acide acétylsalicylique, la substance active de l'aspirine.

La réintroduction : d'abord en Allemagne, puis chez nous

Au début des années 1980, un projet de réintroduction aboutit en Allemagne, dans l'Eifel. Une première observation en zone frontalière permit de confirmer le retour du castor en Belgique en 1991. Plus tard, en 1997, des indices de sa présence apportent la preuve d'une installation durable de l'espèce.

Peu après, et malgré le refus formulé par le Ministre de l'époque, plusieurs lâchers illégaux d'individus provenant d'Allemagne se sont succédés entre l'automne 1998 et le printemps 2000.

Etat de la population en Wallonie

Photo Jérémie Guyon

Depuis lors, nous avons assisté à une dispersion naturelle des jeunes animaux en Wallonie, mais aussi en Flandre où quelques lâchers ont eu lieu en 2003. La plupart des bassins versants sont aujourd’hui complètement ou partiellement recolonisés.
Début 2017, le DEMNA (Département de l'Étude du Milieu Naturel et Agricole du Service Public de Wallonie) estimait à 2.000 le nombre de castors en Wallonie, répartis sur environ 630 sites. Il reste d'ailleurs encore de la place pour la croissance future de leur population, surtout qu’une densification des zones déjà peuplées est encore possible.

Et les castors américains ?

Des Castors américains échappés d’un parc animalier dans l’Eifel allemand ont colonisé le bassin de l’Our.

Plus grands et plus prolifiques que leurs cousins européens, ces castors pourraient les remplacer à terme dans notre paysage. Ils sont donc en cours d’élimination par le DNF.

 

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour préserver la biodiversité des habitats naturels en Wallonie et à Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !