Qui est le castor ? Comment vit-il ?

Photo Jérémie Guyon.

Un rongeur utile

Mieux qu’aucune autre espèce, à part bien sûr l’homme, le castor aménage et transforme son habitat. Strictement végétarien, inoffensif, placide et peu craintif, il s’attire la curiosité et la sympathie de la majorité d’entre nous, et nombreux sont ceux qui font de sa présence un prétexte de promenade.

Il se rend utile de plusieurs manières, en renaturalisant rapidement et gratuitement nos cours d’eau ainsi qu’en contribuant à leur régulation et à leur épuration. Ce faisant, il permet aussi le retour de toute une biodiversité et est donc un vrai défenseur de la nature.

Un comportement familial et extrêmement territorial

Photo Jérémie Guyon.

Les castors ont un comportement très territorial, ce qui régule naturellement leur population, car ils défendent leur territoire parfois jusqu’à la mort. Le territoire qu'une famille défend couvre de moins d'un à plus de deux kilomètres de rives boisées.

Le territoire peut être occupé par un individu célibataire, ou par un couple avec enfants. Les jeunes restent avec leur famille jusqu'à l'approche de leur deuxième anniversaire, quand leurs parents leur font comprendre qu'il est temps de se trouver un territoire à eux pour y fonder famille.

La femelle donne naissance chaque printemps à une portée de deux à quatre petits, et la famille complète compte donc en moyenne sept ou huit individus : les parents et deux générations de jeunes.

La vie du castor

Photo Jérémie Guyon.

Le castor est un rongeur nocturne, actif toute l’année, inféodé aux cours d’eaux et exclusivement herbivore.
Il se nourrit en été de plantes aquatiques, de plantes herbacées, de jeunes pousses (saules, noisetiers, peupliers, ...) et de feuilles . À la mauvaise saison, il consomme surtout des écorces.
Il s’adapte à tous les gabarits de cours d’eau. Sur les grands cours d’eau, il se limite à faire tomber quelques arbres sur les rives. Sur les plus petits cours d’eau et les ruisselets, il cherche à recréer des surfaces d’eau libre de quelque profondeur, pour se déplacer à la nage et pour dissimuler l’entrée de son gîte. Il construit ainsi des barrages qui atteignent parfois, bien que rarement, une ampleur impressionnante.

Gîtes et barrages

Photo Frédéric Raes.

Les castors se font des gîtes dont la nature dépend de la taille de leur famille et de la configuration du cours d’eau :

  • Un castor célibataire, généralement jeune et nouvellement arrivé, se contente d’un terrier avec entrée sous l’eau.
  • Quand il crée une famille, si la berge a une hauteur suffisante, il agrandit son terrier et crée une grande chambre avec plusieurs entrées immergées, y ajoutant une cheminée d’aération recouverte de branchages ; ceux-ci sont la seule indication de la présence du gîte.
  • Par contre, si le ruisseau ou l’étang ne présente pas de véritables berges, il doit construire une hutte de branches et de vase.

En soi, cela ne pose aucun problème. Sauf que les entrées des terriers et huttes doivent se trouver sous l’eau, et que le castor est une grosse bêbête. Pour assurer un niveau d’eau toujours suffisant, il construit un ou des barrages, ce qui peut entraîner l'inondation de zones en surface, voire la création de véritables étangs. Ces barrages lui servent :

  • à assurer le niveau d'eau désiré dans le gîte, en toute saison et indépendamment de la météo (= barrage de gîte ou barrage principal)
  • et se déplacer à la nage dans tout le territoire, pour le surveiller et le défendre ou pour atteindre les sources de nourritures (= barrages de circulation ou barrages secondaires).

Des craintes, justifiées ou non, de dégâts aux chemins, routes, cultures, habitations, … risquent alors d'être associées à la présence des castors et il faut intervenir, ce qui explique la décision de Natagora de créer le « Groupe de Travail castors ».

Généralement bien apprécié ... mais pas toujours !

Tout cela fait que sa présence est généralement bien acceptée. Mais, en même temps, un petit nombre de personnes estiment qu’il ne devrait pas avoir sa place dans notre paysage. Parce que le castor questionne leur volonté de contrôler leur environnement, ou parce qu’il est parfois cause de désagréments : barrages « mal » placés, arbres écorcés ou abattus, chemins inondés, un peu de maïs prélevé dans un champ, ... Pour éviter que les possibles conflits de voisinage ne dégénèrent, il est donc indispensable que la cohabitation soit « gérée » et que les riverains puissent trouver aide et conseils. Notre objectif est de fournir cette assistance.

Castors en famille (film de Harry Mardulyn)

 

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour préserver la biodiversité des habitats naturels en Wallonie et à Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !